L’univers manga est très étendu. Pourtant, il n’est pas rare en France de rencontrer des personnes qui dans une discussion vous balanceront « j’aime pas les mangas car j’ai jamais aimé DBZ ». Car oui, même si nous sommes de très gros consommateurs de manga, notre culture générale sur ce sujet n’est pas très brillante. Ce n’est pas que je dénigre les shonen, d’ailleurs je les adore. Pourtant, mon cerveau se tournera avec envie et curiosité sur des titres plus sérieux qui nous amènent sur des chemins et des pistes de réflexion qui surprendraient Madame Royale et son « ras-le-bol des bébés zappeurs«.

La sélection manga d’Amity : Ikigami, préavis de mort

Le manga que je vous propose aujourd’hui s’intitule Ikigami, préavis de mort. Il se place dans notre contexte actuel dans une autre réalité, une réalité plus sombre, et plus rigide. Au Japon, pour lutter contre le nombre de suicides, de dépressions et de comportements déviants chez les jeunes, le gouvernement a adopté la loi pour la sauvegarde de la prospérité nationale. Une loi qui dispose que chaque enfant, dès la primaire, se voit injecter une micro-capsule contenant un produit létale. La capsule est programmée pour s’ouvrir à une date et à une heure précise pendant la vie de l’individu entre ses 18 et 24 ans. Au-delà, il ne risque plus rien. Toutefois, si vous avez la malchance d’être programmé pour mourir jeune (1 individu sur mille), un fonctionnaire de l’Etat,  vous adresse un préavis de mort appelé Ikigami vous informant qu’il ne vous reste que 24 heure à vivre.

On suit ainsi le quotidien de Kengo Fujimoto, un ange de la mort administratif, qui se déplace chaque jour chez les japonais pour leur dresser leur préavis. Parallèlement, nous suivrons aussi le récit de ceux qui recevront le préavis.

Ce manga est un véritable vecteur d’émotion, et le sentiment principal qui s’en dégagera est la profonde injustice que peut générer cette loi. Notre cerveau est conditionné généralement pour punir les mécréants et récompenser les bons. Dans cette politique, il n’y a ni bons ni mauvais, c’est la chance qui vous tient en vie. Et pour cette raison, vous observerez avec impuissance et tristesse la vie d’honnêtes gens disparaître en 24 heure. Cette injustice, Kengo la ressent. Avec discrétion, il tentera de savoir si cette politique n’a pas un autre but bien plus sombre  qu’une simple solidarité nationale …

Même si les histoires sont poignantes, au fil des tomes on reprochera une certaine lenteur de Kengo dans les dédales du gouvernement.  Avec un complot dans un contexte pseudo-patriotique, Ikigami était plein de promesses : une génération en crise, un gouvernement ultra dirigiste et une bureaucratisation de la mort. Mais le titre se noie dans le récit des japonais en fin de vie au lieu de se concentrer sur les véritables desseins de l’Etat. Espérons que par la suite, Ikigami gagne en actions et rebondissements.

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