Son style est immédiatement reconnaissable, et son univers dystopique et anxiogène marque les esprits de ceux qui tournent les pages de ses bandes dessinées. Enki Bilal a construit une véritable œuvre au fil des ans, qui est reconnue bien au-delà des amateurs du 9ème art.

L’univers dystopique d’Enki Bilal

Un style reconnaissable entre mille

Le style d’Enki Bilal, né à Belgrade d’un père bosniaque et d’une mère tchèque, a traversé presque 5 décennies. De ses bandes dessinées, on retient souvent les cheveux bleus ou rouges, les corps marqués et le réalisme cru.

L’univers dystopique d’Enki Bilal #2

Il fut l’un des premiers à choisir la méthode de la couleur directe : plutôt que de passer par une mise en couleur sur un bleu, à savoir une épreuve sur laquelle le dessin est reproduit dans un ton très pâle, souvent bleu (d’où son nom), Enki Bilal applique directement la peinture sur ses planches.

Il utilise souvent l’acrylique et la gouache, et peint depuis des années sur ses crayonnés, sans passer par l’étape de l’encrage. Il n’est pas un adepte de la ligne claire, mais plutôt des grands aplats de couleur bordant les bulles.

Amoureux des corps, il apprécie les peintres qui leur rendent hommage, comme Goya, Egon Schiele ou encore Bacon. Quant au gris-blanc si spécifique aux dessins de Bilal, il est en effet inimitable : l’artiste l’obtient en l’épaississant et en le nuançant avec les cendres de son cigare.

Une vision du chaos

De La Foire aux immortels à Bug, Enki Bilal explore le chaos sous tous ses angles. Chaos politique, dérèglement technologique ou climatique, ces thématiques sont si chères au dessinateur qu’il a même anticipé des effondrements non encore survenus au moment de la création de ses œuvres.

L’univers dystopique d’Enki Bilal #3

C’est notamment le cas de l’effondrement du bloc soviétique, qu’il a anticipé dans sa BD Partie de Chasse, parue en 1983, soit 6 ans avant la chute du mur de Berlin. Même chose dans Le Sommeil du monstre, premier album de La Tétralogie du Monstre, où une secte réunissant des fous de Dieu détruisait le Chrysler Building de New-York, trois ans avant les attentats du 11 septembre 2001.

Enki Bilal exposé au Landerneau

Une rétrospective du travail d’Enki Bilal est présentée à Landerneau, dans le Finistère, par le Fonds Hélène & Edouard Leclerc, depuis le 18 juillet et jusqu’au 4 janvier 2021.

On y trouve notamment ses dessins et ses peintures, mais aussi ses films et ses écrits, depuis ses débuts sur la scène artistique dans les années 1970 jusqu’à aujourd’hui. Certaines œuvres inédites sont également présentées, comme sa série préparée autour du Guernica de Picasso.

Par ailleurs, de nombreuses œuvres, esquisses et croquis originaux d’Enki Bilal sont disponibles en ligne, et ne nécessitent qu’une manutention légère pour être livrés aux inconditionnels du dessinateur.

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